Algodicée

Publié le par Robert Daoust

Le mot algodicée est formé des mots grecs qui signifient douleur et justice. Il évoque la justification métaphysique de la douleur, et il rappelle le mot théodicée, qui lui évoque la tâche de justifier un Dieu bon et tout-puissant qui permet les pires souffrances. Algodicée est un terme utile, car nous avons besoin que notre souffrance ait un sens, afin qu'elle soit moins grande, plus supportable.

Le philosophe Alexandre Jollien écrivait sur l'algodicée le 9 octobre 2002 dans le journal L'Humanité. "Derrière ce mot pompeux se cache un véritable défi pour l’individu. Algodicée signifie la connaissance à travers la souffrance, la connaissance par la souffrance. Elle exige de l’homme de tirer profit de tout, même de la douleur, même des tourments. Tâche difficile, redoutable, on ne peut cependant pas faire l’impasse de la question. Tôt ou tard elle arrive, s’impose. Notre rapport au monde se bâtit avec elle, contre elle. Compagne ou adversaire, elle est présente. Parler de la souffrance ne va pas sans craintes et tremblements. (...) Pourtant, le joyeux combat que représente l’existence doit proposer une réponse, ne pas abdiquer devant la question du mal. (...)  Rien de pire qu’une souffrance subie dans la solitude. Notre devoir : lutter ensemble contre ce qui blesse pour poursuivre notre joyeux combat."

L'algodicée, dit Jollien, réclame le va-et-vient des rencontres entre moi et l'autre. C'est ce que propose aussi l'algonomie, comme nouveau domaine tout entier d'activité humaine consacrée à la connaissance et à la gestion de la souffrance.

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