Les objectifs du millénaire pour le développement et l'algonomie (suite)

Publié le par Robert Daoust

J'ai présenté en janvier 2008 dans ce blog un texte intitulé Le (sous) développement fait partie de la (défectueuse) gestion collective de la souffrance, et vice-versa. J’y souhaitais que l'algonomie s'inscrive dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) comme l'une des pièces indispensables à leur réussite et à l'amorce d'un nouveau progrès décisif dans l'état du monde. J’y souhaitais également que les OMD s'inscrive réciproquement dans l'algonomie comme l'une des pièces centrales d'une stratégie d'ensemble pour la gestion de la souffrance dans le monde. J’y disais en outre qu’en tant que Montréalais et promoteur de l'algonomie, j'espérais me joindre aux activités liées aux OMD qui ont lieu dans ma ville.

 

Hélas! Je n’ai trouvé dans ma ville, à propos des OMD, que des activités trop éparses pour m’y joindre de façon utile. Au mieux, tout ce que je pourrai faire c’est de me joindre à la mi-octobre aux manifestations Debout contre la pauvreté, afin de ‘faire nombre’. J’espère que nous atteindrons cette année le chiffre de 63 millions de manifestants, ce qui représenterait 1% de la population mondiale. Mais je crains qu’on régresse au contraire par rapport aux 43 millions de l’an passée. [2008-10-23 -- On trouve les résultats pour cette année-ci dans un article de ISP News, Development: Now Sit Up and Listen. Le compte est formidable! 117 millions de personnes se sont levées (Asie: 73 millions - Afrique: 25 - pays Arabes: 18 - Europe: 1 - Amérique latine: 0,2 -Océanie: 0,2 - Amérique du Nord: 0,1] Quant aux activités organisées par Daniel Germain et ayant trait au ‘millénaire’, je n’ai aucunement réussi à savoir, malgré mes démarches, quels en sont les résultats passés ou les suites à venir : on dirait que plus rien ne se passe de ce côté. Par ailleurs, j’ai assisté à des conférences sur le développement international à l’Université du Québec, mais personne là-bas, d’après les réponses que j’ai eues à mes questions, ne semblait attacher une grande importance aux OMD.

 

J’ai effectué au long des mois une recherche assez exhaustive dans internet afin de trouver à qui présenter l’idée de l’algonomie en relation avec les OMD. Les gens qui travaillent à améliorer la conception d’ensemble des OMD en rassemblant les contributions à ce sujet existent sûrement, mais je n’ai pas pu encore les identifier. En d’autres termes, je n’ai pas pu trouver un endroit où le débat sur les OMD soit assez ‘soutenu’ pour que je puisse m’y engager à long terme et y présenter convenablement ma position algonomique. Dans ces conditions, la seule possibilité qui s’offre à moi, semble-t-il, est de proposer mes idées à divers endroits, bureaux onusiens, conférences internationales, revues ou groupes de recherche politiques, en espérant qu’elles seront prises en considération. Mais alors le problème est que mes documents de présentation devraient, avant même d’aborder substantiellement la question des OMD, faire comprendre ce qu’est l’algonomie et quelle est sa pertinence. Or, faire comprendre cela dans le cadre d’un ‘exposé préalable’ est à toutes fins pratiques impossible, d’après mon expérience, parce que la plupart des gens considèrent que le concept de la souffrance dans la pensée contemporaine est l’un des mieux connus et des plus élaborés, alors que d'un point de vue algonomique c'est tout le contraire. 

 

Je suis donc renvoyé au problème de la reconnaissance préalable de l’algonomie…

 

Pendant ce temps, les OMD poursuivent leur chemin vers un échec significatif, selon la majorité des observateurs. Pour le peu que j’en connaisse, il m’a semblé que dans l’ensemble les pays pauvres veulent très forts que ça marche, mais que les pays riches sont de mauvaise foi, ou à tout le moins ambivalents entre leur avidité et leur générosité. Par ailleurs, les appuis de sympathie aux OMD sont assez nombreux, mais ils demeurent de simples appuis, même quand ils sont accompagnés de contributions en argent ou en travail bénévole. Je trouve que les experts en développement international devraient faire deux choses. Premièrement, ils devraient établir un centre dédié au développement continuel de la conception des OMD. Sans un tel centre, ouvert à toutes les contributions, les OMD sont conceptuellement une chose mort-née. Deuxièmement, ils devraient établir une claire distinction entre l’aide (i.e. l'entraide) au développement et les activités moins pressantes de coopération ou de compétition internationale, puis simplifier la question du développement et de l’aide (l'entraide) en organisant toute cette matière derrière le fer de lance des OMD. Je trouve que même les experts se perdent dans la complexité aberrantes des organismes qui s’occupent du développement, et que sans une réorganisation radicale derrière un énoncé simple et précis comme celui des OMD, le domaine de l’aide (l'entraide) au développement va demeurer un lieu trop largement ouvert à l’avidité des riches et des pauvres agissant sous le couvert d’idéaux politiques, plutôt que de devenir ce qu’il devrait être tout d’abord, un lieu de solidarité sans équivoque entre les riches et les pauvres face aux pires souffrances qui nous menacent tous.

 

Pour ma part, je vais rester à l’affût d’une ouverture du côté des OMD, mais je vais me concentrer désormais, comme je l’ai indiqué en janvier dernier, sur la manière de faire admettre dans nos sociétés la validité d'un travail permanent sur le phénomène de la souffrance même. Je signalais notamment que le phénomène de la souffrance au sens large n’est reconnu nulle part comme objet de science, pas même chez les spécialistes de la douleur. C’est pourquoi, il faut probablement commencer par élaborer un discours algonomique qui puisse rejoindre d’une façon quelconque le cours de la culture humaine existante. Dans ce but, j’ai ouvert un site internet, http://algonomy.wik.is/, où je vais, seul ou avec d’autres, passer en revue les travaux qui figurent dans la liste Precursor Works for a General Algonomy.

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